vendredi 20 novembre 2009


Hier on a dû se lever hyper tôt pour prendre un vol domestique vers Hue, dans le centre. C’était dommage car on avait un hôtel de malades encore, ce genre de chambres que jamais on aura les moyens de s’offrir en Europe. En plus, comme des fois on a de la chance (sauf avec la météo..), on a eu un upgrade, comme ça, sans raison, sans rien demander. Donc on avait la vue sur le West lake. Non, c’est pas tout à fait exact : notre balcon était au-dessus du lac. C’était magnifique.
On quitte les lieux à 5h30, on arrive à l’aéroport. Pas trop de monde. On donne nos passeports, et on attend les boarding pass. Et on attend, et on attend. Et l’hôtesse ne dit rien, à part « wait a moment ». Ouais, ben ça c’est déjà ce qu’on fait. S. commence à trouver ça louche, il demande ce qu’il se passe, et elle dit que l’avion est plein. Plus de places… Non, pas ça, pas à 6h du matin. On ne comprend pas, sur nos documents c’était écrit « confirmé » ! Alors on commence à faire comprendre à la dame qu’on va prendre cet avion. C ?est confirmé, je me fiche du surbooking, on part. Oui oui, elle sait, elle va voir avec son manager. Toute façon ici, dès qu’il y a un problème, ils vont voir le chef. Pas d’initiative. Respect de la hierarchie. C’est comme ça. Sauf que le manager n’a pa sl’air de se préoccuper de nous. Il jongle entre un Natel et un talkie walkie, plein de documents dans la main. A nos pieds, des dizaine de valises, certaines étiquettées, d’autres pas, bref, un vrai bordel qui commence à perturber mon côté bleu. Tout ceci n’a pas bien l’air sous contrôle. Je deviens plus ferme, en tapant l’index sur le comptoir : «  Madame, débrouillez-vous, mais on part, on a payé, et vous avez confirmé. Donnez nous svp nos boarding pass. Le ton est ferme. On comprend qu’il reste des places en Business, et qu’il y a tout un groupe de français à côté de nous qui a l’air d’avoir le même problème. Non, c’est juste une question de rapport de force. A partir de là, je sais qu’ils nous feront partir. Non mais. Ça suffit maintenant. Effectivement, le manager multitâche se tourne vers le groupe de Français avec un air grave, et dans un anglais un peu approximatif, dit qu groupe que l’un d’eux doit rester, il manque une place dans l’avion.
Pour être honnête, sur le coup, là, je me sens mal. Ces petits vieux, qui parlent à peine anglais et qui paniquent à l’idée d’être séparés.  Mais spontanément, André se dévoue. Il dit au groupe qu’il va rester, qu’il ne faut pas s’inquiéter pour lui, qu’il va s’en sortir, qu’il les rejoindra plus tard. C’était drôle, parce qu’en fait, alors que nous on était embêté par l’aspect organisation et retard dans le programme, eux c’était complètement sur un autre plan : celui de la séparation du groupe. L’avion suivant était 5h plus tard. Le manager explique à André que la compagnie lui offre un aller retour en taxi vers un hôtel, plus un peu d’argent, j’ai pas compris combien, mais André a l’air agréablement surpris. Tout va bien, on part.
1h10 de vol pour arriver à Hué.
Au moment même où on a posé le pied hors de l’avion, il s’est mis à pleuvoir, et depuis ça continue. Dans le guide, pour le centre, y avait écrit « éviter Novembre et Décembre, pluie sans discontinuer, période des typhons. » Donc on ne va pas faire les déçus.
On a pris un bus navette pour aller poser les sacs à l’hôtel. Arrivés devant le comptoir, S. me demande « où est mon sac à dos ?! » Traduction immédiate dans ma tête : « Où est mon sac à dos auquel je dois faire super gaffe, avec environ 5000 balles de matos photo dedans, et qu’après les passeports c’est LA chose à ne pas perdre dans ce voyage ??!!!?? »
J’y crois pas j’y crois pas j’y crois pas…. Il l’a laissé dans la navette qui vient de partir. Grrrr !!!! Bon, faut faire vite. On explique à la dame de l’hotel . Heureusement j’ai encore le billet de bus dans la main, y a un téléphone dessus. Elle appelle, mais le chauffeur n’a pas de Natel, c’est un numéro central. Pendant ce temps, S. se liquéfie. Mais la dame nous rassure, elle est sure que le sac n’est pas perdu, c’est la navette de l’aéroport et ils vont sans doute le ramener.
De longues minutes pendant lesquelles on déjeune. Ambiance…Une heure après, on nous rapporte le sac. Ouf. Personne n’a su que ce sac contenait environ 2500 jours de salaire moyen d’un vietnamien (j’ai fait le calcul).
On est enfin parti visiter la ville, enfin, surtout la cité impériale. A l’intérieur de la citadelle, une ville dans la ville, construite au XIXe siècle par le fondateur de la dynastie de NGuyen (voilà, c’était la minute historique du carnet).
Quelques photos, prises par un temps absolument dégueulasse.






3h30 plus tard, j’en peux plus, suis trempée, j’ai froid, et je suis grave enrhumée. J’ai les pieds tellement mouillés que des palmes vont me pousser entre les doigts de pieds. Je parle comme un canard (comme les locaux, en fait! ) .
Je fais un caprice. Je veux rentrer à l’hôtel boire un thé au gingembre et me sécher. On en prend le chemin. Et sur la route, on passe devant un collège qui a l’air super joli. On n’est plus à ça près : on rentre dans la cour pour visiter. Majestueuse statue de l’oncle Hô. On avance encore un peu, bientôt les salles de classe sur la droite. Un couloir. J’avance, j’entends de la musique. Deux collègiennes : l’une chante, l’autre joue de la guitare.
Zut, elles m’ont captée, je rebrousse chemin.
«  Non non, viens ! Rentre ! » euh..suis pas sure. « Viens viens, tu déranges pas ! D’où tu viens ? » Le tout dans un anglais impeccable.
Je vais chercher S. qui était dehors. On s’installe dans la salle de classe, et on commence à faire connaissance. J’adore ce genre de moments improvisés. L’une joue de la guitare, S aussi, elles sont 4 à le regarder la bouche ouverte. C’est vrai qu’il joue bien. Il leur apprend quelques trucs, c’est incroyable comme tout le monde est  à l’aise. Pourtant la salle de classe est pas franchement chaleureuse : murs parmes, mais rien d’autre que les tables et chaises, et un grand tableau noir.
Ah si, que dis-je ? Au dessus du tableau, bien en évidence, un portrait d’Hô Chi Minh, avec une grande banderole dessous  qu’on se fait traduire: « Vivez, combattez, étudiez, selon l’enseignement de l’Oncle Hô, pour la fierté du Pays », un truc comme ça, j’ai pas tout retenu. Ça déchire… Et nous on chante les Beattles à la guitare dessous. Quelle provocation.
Ces gamines nous ont vraiment impressionnés : on a passé un bon moment à papoter de tout, de la Chine, des études, l’une veut être Business woman plus tard, l’autre veut aller à Harward… on me demande si je trouve que Hô Chi Minh était bel homme ??? C’était très sympa.


Sans transition, le site de Facebook est bloqué ici depuis 10 jours environ. Mais sinon, oui, Hô Chi Minh il est pas mal……

C’est pas tout mais comme j’étais toujours trempée, on est rentré à l’hôtel.
Et enfin, le premier massage Thai du séjour !!! Yes.

Ce matin, on a pris la route (pick up) vers Hoi An. On est presque arrivé. Dès la moitié du chemin, la météo s’est un peu améliorée. En tous cas il ne pleut pas (pas encore…)

jeudi 19 novembre 2009

Du Nord vers le Centre

Bon des fois y a conflit de ressources: l'ordi. S. en a besoin pour les photos, c'est tout de même pour ça qu'on l'a emmené (l'ordi), et moi pour le carnet de voyage.
Sans photos, pas de carnet. Alors il a un peu la priorité (un peu). C?est pour ça que des fois j'écris en décalé!


Hier on a terminé notre petit séjour dans le Nord. Avant de quitter le Parc National de Cuc Phong, on a visité le Rescue Center qui se trouve sur le Parc: c'est un Allemand qui a créé ce centre de sauvetage et de préservation des singes. On a pu voir 16 espèces de singes différentes.
Je vous mets mes photos préférées:







Ensuite, on s'est fait déposé vers Van Long, à quelques kilomètres du Rescue Center. C'est la Baie d'Along terrestre (d'ailleurs, j'en profite pour signaler que j'ai gagné un massage offert par S, car il ne me croyait pas que Along, ça pouvait aussi s'écrire sans h).
Bref, la Baie d'Along terrestre c'est comme l'autre, mais sans la mer. C'est tout de même inondé donc on se déplace en barque. Plus précisément, un petit canot de bambous (et ça tient!), poussé par une dame qui rame avec un chapeau conique. C'est elle.

C'est un peu comme les cyclopousses, j'assume pas trop quand je me fais déplacer le derrière à la force physique d'une autre personne. ça fait un peu colon. Enfin, je me dis que ça fait partie du folklore, et que si elle ça lui fait gagner un peu de sous, ben voilà.
On a navigué une bonne heure. Il faisait toujours froid et venteux (d'ailleurs, je commence gentiment à en avoir marre, de cette météo), et à un moment, on a même dû s'accroupir dans le fond de la barque pour entrer dans une grotte! C'était super sympa.


Ensuite on s'est dirigé vers le site de l'ancienne capitale du Tonkin: Hoa Lu, dans la région de Ninh Binh.
On a fait une drôle de rencontre et sur site, le fils du Soleil alias notre super guide qui se la pète nous a raconté un peu d'histoire.



Ensuite on a repris la voiture pour Hanoi. On avait RDV avec Philippe et Mélanie, des amis d'amis, installés à Hanoi depuis Février.
On a passé une super soirée avec eux, dans un restau qu'ils ont choisit, et c'était vraiment excellent!
Et puis ça faisait du bien de parler à des gens qui ont la tête faite comme nous! On a pu échanger nos points de vue sur le pays, en tous cas sur la ville et sur les gens. On a trouvé que leur expatriation est plutôt réussie, ils se sont bien pris en main, et ça faisait plaisir de les écouter témoigner.


Voilà! Là il est 23h, je suis morte de fatigue et j'ai pas le courage de raconter ma journée d'aujourd'hui.
Bon en même temps, faut pas déconner, j'ai qu'un jour de décalage, c'est pas trop mal non??


mercredi 18 novembre 2009

Vomito, chapitre 2. Mardi 17 Novembre


A y eeeeest! S : est malade à son tour ! Je suppose qu’il était jaloux et qu’il voulait aussi son petit paragraphe dans le blog.
Hier, après notre dernière journée à Sapa, on a soupé, avant de prendre notre train de nuit pour retourner vers Hanoi.
S. a pris une soupe avec du bœuf, et des Nems frais. Il a mangé avec beaucoup de plaisir. Ensuite on s’est installé dans nos couchettes. Je redoutais déjà, vu comme j’avais dormi la première fois dans ce train.
Sauf que là, il est 20h30, et tout le monde éteint la lumière !!Genre, on me fait comprendre que ce serait bien de dormir. Y sont malades, j’ai pas sommeil du tout !
J’ai lu pendant une heure, et ensuite, ben ça s’est passé conne ça s’est passé : j’ai super mal dormi. Du coup, je ressassé plein de trucs dans ma tête, et on dirait que ces vacances me permettent de prendre du recul, et y en a qui vont un peu en souffrir à mon retour.
Bref, à 5h du mat, ils nous fouttent Brian Adams à fond dans les hauts parleurs pour nous réveiller. Mais vraiment, à fond. Bande de tarés.
Pas le choix, on se réveille. Au moment où on arrive en gare, je regarde S. parce qu’il faut prendre les valises, et là, je le vois tout vert….
Il court au fond du wagon. Crise de vomito. Génial ! Pil poil le bon moment !
Je le laisse à son affaire, puisqu’on est arrivé, et il faut descendre tous les sacs à dos, et vite !!!! Le gros coup de stress.
Pas un connard qui aurait levé le petit doigt pour m’aider, ni passager, ni personnel du train. Jamais vu des égoïstes pareils.
Bref, je m’expulse tant bien que mal du train, S aussi. Mais il est super mal, j’ai l’impression qu’il va tomber. On cherche des toilettes, y en a pas. On en voit au loin : une nana du personnel se dresse devant nous et nous barre la route, on dirait qu’on ne peut pas aller par là. S. est de plus en plus mal, on lui fait signe qu’il est malade, elle secoue de la tête ,genre, elle ne va pas céder. Et là, elle commet une erreur : elle me pousse avec la main en arrière….. Sauf que moi j’ai 50 kg sur le dos, donc elle a failli me faire tomber,  une nuit de merde derrière moi, un mari malade que je ne peux pas aider, et une connasse d’1m12 devant moi qui représente un obstacle…. Elle pouvait pas savoir combien ce qu’elle venait de faire était grave.  Je l’ai poussée à mon tour, en avançant vers elle. Et en lui hurlant de ne pas me toucher. Plusieurs fois. Bien fort. Je pense qu’à ce moment là j’avais de la fumée qui sortait par les narines, et du feu dans les yeux. Un dragon. Elle a fermé sa gueule. Mais je pense que S a eu tellement peur que je la tue sur le quai devant témoins que du coup… il va mieux et ne veut plus de toilettes. Très bien. Tout le monde me regarde. Ben oui, je dis toujours que je suis une gentille fille, mais c’est plus sage de ne pas me créer de problème.
On n’est pas plus avancé, il est 5h30 maintenant et on a RDV 3 heures plus tard avec un gars qui va nous emmener dans un Parc National. Que faire en attendant ? Et comment S. va gérer ? Parce que je peux vous dire que quand la journée commence comme ça, on a envie de déplacer le curseur directement à la soirée !
On s’asseoit par terre, on se calme, on réfléchit. C’est pas la peine que je complique les choses, S est malade et c’est pas cool pour lui.
Tout à coup, il a l’idée de génie : on va aller squatter le super hôtel qu’on a réservé pour le surlendemain ! On va dire qu’on est des futurs clients, on va leur laisser une partie de nos bagages, on va prendre le petit dèj, …. Plein de trucs sympas à faire dans cet hôtel ! Oui, ça peut marcher. Toute façon si y en a un seul qui lève le petit doigt, je sens que le dragon n’est encore pas très loin. On prend un taxi est on arrive à l’Intercontinental Westlake. Là tout va mieux. Accueil parfait, et pourtant, si vous aviez vues nos gueules, S. vert et blanc, moi fatiguée et portant encore mes habits plein de boue du trek de la veille… des vrais pouilleux.
On nous prend les valises, on nous dit OK pour le petit dèj, on nous installe dans les fauteuils de la réception et surtout : on va squatter les supers toilettes de l’hôtel pour faire un brin de toilette, se brosser les dents, se laver à l’eau chaude et parfumée, et s’essuyer dans des serviettes biens moelleuses. Yeees, c’est pourtant facile, le bonheur !
A 8h, le guide est venu nous chercher pour aller vers le Parc National de Cuc Phuong, à 3h de voiture au Sud de Hanoi.
Sur le chemin, S a encore été malade encore une fois, mais après il a dormi la tête sur les genoux le reste du trajet. Le chez-soi vous manque dans ce moments là. Je me suis sentie seule pour la deuxième fois du voyage.
Le reste de la journée à été plutôt moyen : S. est faible mais il a enfin pu garder un peu de riz dans le ventre, le Parc est moyen, la ballade en forêt écourtée franchement pas exceptionnelle (genre, ho, un papillon, ho, un écureuil !!!) Ouais, y en a aussi chez nous. Déçue.









 En plus le guide environ 25 ans, se la pète à mort. Il s'appelle Ian, et nous a dit environ 15 fois que ça veut dire "fils du Soleil". Je pense qu’il se prend pour un warrior, un Indiana Jones, il aime les prédateurs (dixit), enfin, il n’est pas méchant mais vraiment il se la pète.
Pour lui faire payer, c’est très facile, je le branche sur la condition de la femme au Vietnam, et je brise ses arguments à 2 balles, un par un. C’est vraiment des sales machos ici.
Là on attend d’aller manger dans la chambre un peu glauque du Parc (seul hébergement existant au sein même du Parc).
Je suis sous une moustiquaire car il y a dans cette pièce 150 moustiques de 100g pièce. J’ai super peur, je sais ce que ça peut donner s’ils me repèrent… Alors je sors pour la première fois le bracelet Marie Rose à la citronnelle que belle maman m’a dit d’emmener. Et je prie pour qu’elle ait raison.
Je sens quand même qu'on vient de basculer dans le côté obscur du voyage. On est pile à la moitié du voyage.

lundi 16 novembre 2009

Le Nord (2) , Dimanche 15 Novembre

C’était encore une journée de malades. On est parti à 9h30, Mister Binh est venu nous chercher au Lodge.
A la sortie du Lodge, on s’est fait littéralement sauter dessus pas une 20aine de petites nanas de la minorité Red Dzao. Comme les autres, petites, charmantes, souriantes, pleines de couleurs, sauf que là : un sens du business que beaucoup de femmes ( et de mecs) de chez nous pourraient leur envier. Elles ont fait preuve d’une détermination contre toute épreuve. Binh nous a bien dit qu’elles allaient nous suivre, mais on ne voyait pas ça comme ça.
En plus, elles parlent couramment l’Anglais !! Elles ont appris des touristes. Comment est-ce possible ??
On commence à marcher, et derrière nous, un essaim de femmes. Qui nous suivent pour nous vendre des produits faits par elles-même (Chanvre déclinée dans toutes les couleurs et tous les accessoires (sacs, foulards, porte monnaie, bijoux, …)
Elles ne vont pas nous lâcher. J’ai jamais vu aussi têtu que moi : elles veulent vendre. On essaie de leur expliquer que non, pas maintenant, ce soir, en rentrant, Binh leur dit dans leur langue, qu’il faut nous laisser, qu’elles sont trop, qu’elles vont nous fâcher, mais non. Elles ont décidé de partir en rando.
Le problème, c’est que moi, là, j’ai un gros coup de cœur pour ces femmes. Je les trouve belles, fortes, sorties de nulle part ! Donc pendant que S. et Binh font leur possible pour qu’elles nous laissent, moi, je me laisse prendre la main, je me laisse toucher les cheveux, je me fonds dans ce groupe. Je suis aux anges, j’ai envie qu’elles restent, et elles ont bien compris. On va faire bloc. Ça va durer des heures avant qu’on leur promette de les retrouver ce soir.
On est parti pour ce fameux trek d’une journée dans les rizières en terrasse, dans la forêt, entre bambous et fougères, etc. Le problème, c’est qu’il fait un temps DE MERDE. On voit à 10m. Il y a un brouillard qui se traîne depuis la veille. On est sensé profiter d’une vue merveilleuse, mais on ne peut que l’imaginer. Binh est trop chou : il est tout déçu pour nous, et il est honnête : y a peu de chances que ça se lève.
C’est pas si grave, on est là pour être ailleurs, et faire quelque chose de plus physique que les autres jours. Mais ce qui est sûr, c’est que l’Ascension du Fansipan ne sera pas possible. Les conditions sont plus que défavorables.
La rando a été ponctuée de visites dans des villages.



J’ai essayé de mettre mon cœur d’artichaut en veille, pour ne pas me laisser submerger par l’émotion. Mais ces gens sont vraiment pauvres. Y a à peine une petite école parfois, avec le minimum dedans.



A midi, on a mangé dans la cour d’une école. C’est dimanche, on aurait pu être seuls, mais au bout d’un petit quart d’heure, des tas de gamins nous ont repérés, et du coup on fera l’attraction de la journée. Ils sont tout de même plus sauvages que d’autres enfants. Eux, il a fallu les apprivoiser, et ils se sont approchés petit à petit. Binh a brisé la glace en partageant son orange. Alors tout le monde se sent mieux, et ils acceptent aussi de nous des sucreries, des fruits, etc. Bon à la base c’était pas prévu de faire un buffet à 12, mais y avait bien assez pour qu’on partage ! Ces gamins sont hyper sâles, c’est terrible. Je ne sais pas d’où sortent leurs habits, mais c’est n’importe quoi : y a un petit garçon, il a un anorak et il sa ballade cul nu !




Enfin, la ballade était belle, par moment ça montait, dur, mais franchement, c’était tout à fait faisable. Après le repas, le brouillard s’est levé, et c’est là qu’on a enfin pu faire quelques photos du paysage.





Ce soir, on est revenu au Lodge, bien crades et tout de même assez crevés, et devinez qui nous attendait : nos copiiiiines ! Toutes contentes de nous retrouver, elles savent que le moment des affaires est arrivé. En plus, on a été honnête : plus tôt S. avait réussi à les faire partir en disant qu’on discuterait ce soir, et nous revoilà.
L‘exercice, face à 20 nanas aussi décidées demande de la stratégie, ce que S. et moi établissons rapidement.
Objectifs :
- rapporter quelques souvenirs,
- faire un peu profiter ces femmes du tourisme, et
- montrer considération, à elles et à leurs produits, c’est à dire,négocier le prix, mais ne pas descendre trop bas, ce serait humiliant pour elles.
- Et enfin, s’amuser !
Stratégie :
- se fixer à l’avance ce que l’on souhaite acheter (on choisit en tout 3 choses),
- de fixer le montant maximum des achats
- s’attribuer les rôles : je choisis les articles, je négocie avec elles, S. valide ou pas. S’il valide, il sort l’argent.
Je vous promets qu’il fallait bien ça. On a passé environ 30 mn avec elles, et franchement c’était ex-cel-lent. Quelle enthousiasme, quel moment de plaisir, quelle vivacité ! Et vous savez quoi ? Ben à aucun moment, la langue ne nous a gênée. C’est bien simple, j’ai eu l’impression de parler français.
Notre stratégie a bien fonctionné, et elles ont bien respecté les règles tacites :
- ne montrez pas à S, vous perdez du temps, c’est moi qui choisi
- si vous demandez trop, il ne sortira pas l’argent
- ne me montrez pas les 10 000 choses que vous avez, je cherche 3 objets bien particuliers, et je suis ferme là dessus.
Je repars avec une photo d’elles, avec mes 3 objets, et surtout, le sentiment d’une transaction commerciale (et amicale) faite dans le respect et le plaisir.



Bon sang, pourquoi tout ne se passe toujours pas aussi bien dans la vie ?

Le Nord, Samedi 14 Novembre

Samedi 14 Novembre.
Donc hier soir c’était notre soirée délire dans ce bar Irlandais du centre de Hanoi. En plus, on a fini par attraper Philippe sur Skype, il était au bureau. Gros délire, on était en complet décalage. Lui, son air bien “Monsieur le commissaire” au bureau, tout mignon,  petit pull, petit col, petites lunettes, derrière le bureau et tout, et nous, allumés dans ce bar à l’autre bout du monde, à la tombée de la nuit (ici il fait nuit à 17h30..), avec un Mango Lassi…C’était vraiment excellent.
On est allé manger, et ensuite, on a pris un taxi super malhonnête qui nous a emmené à la gare de Hanoi. On devait prendre un train de nuit.
Est ce que je raconte? La couchette minuscule? le boucan d’enfer? la salle de bain immonde et sans porte? La lunette des WC brisée en mille morceaux? On a pris ce train par l’agence ET Pumpkins, et j’avais vite compris que la citrouille n’allait pas se transformer en carrosse majestueux passé minuit.Non, allez, on laisse tomber. Le but était de: faire passer plus vite les 8 heures de train, sans flinguer une journée de vacances, économiser une nuit d’hôtel. Alors c’est sûr qu’après la petite croisière sympathique dans une luxueuse jonque, c’est un peu rude, sans transition.
On est arrivé à 5h du mat à Lao Cai (ah ben oui, sinon c’est pas drôle, on allait pas encore faire la grasse mat non?)
En descendant du train, tout courbaturé par la nuit passée, un petit bonhomme de 24 nous attendait : Binh. Evidemment, vous êtes comme moi : vous pensez de suite à Mister Binh. Ben voilà, c’est comme ça qu’on va l’appeler pendant 3 jours.
Mister Binh pourrait avoir l’impression de faire partie d’un programme de luxe, mais c’est bien la seule façon de visiter la région. Rien que pour le transport, puisqu’on ne peut toujours pas conduire, et que la route, c’est des fois comme Indianna Johnes.
Donc le seul moyen, c’est le guide. Mais on a pris du sérieux. Genre, bien local, et privé. Histoire d’être sûr de ne pas tomber avec un groupe d’Allemands du troisième âge. Et histoire d’aller un peu hors des sentiers battus.
On est bien au Nord, et le Nord ici c’est comme chez nous : météo pourrie et gens chaleureux ! (Il doit faire 13 environ, et c’est tout brumeux). Mais le guide local, ça facilite drôlement la relation.
Binh a étudié 3 ans pour faire ce métier : un an l’histoire de son pays, un an l’anglais, et un an « comment être un bon guide » : Il est chou comme tout. Aussi curieux de nous que nous de lui.
On a pris un minibus pour aller dans un grand marché de la région : d’abord un premier arrêt : le poste de la frontière chinoise. On est vraiment à 2 minutes à pieds de la Chine, là, à bout de bras, juste de l’autre côté de la rivière. C’est l’heure de pointe : les gens vont d’un pays à l’autre dans les 2 sens pour aller vendre chez le voisin.


Ensuite le marché promis : Can Cau. Une merveille. Essentiellement le peuple des Flower Mhongs. Hyper colorés, hyper souriants.
On a mangé des galettes de riz frit à tomber par terre, et de la canne à sucre. On a flâné un peu, et surtout, on a fait des photos magnifiques (enfin, S. Moi je les exploite juste pour mon blog, sans droit d’auteur).
On y trouve de la soie, de la laine, de la nourriture, et du bétail.















Ce qui me frappe aussi, c’est toutes ces femmes au boulot. Elles ont une vie super dures. On les voit sur tous les fronts : sur les chantiers, avec la pelle (on a déjà vu ça chez nous ??), au marché pour vendre, avec des gamins de partout (en moyenne 3), elles s’occupent aussi des animaux, de la maison, bref, elles font tout.
Quand on demande ce que font les mecs, pendant ce temps, ben ils boivent….
Ensuite on a repris le bus et on est allé marcher vers un village local. On a été hyper bien accueilli, dès l’entrée du village :





Aussi par une autre maison plus loin : une famille de 12 personnes, et certains n’avaient jamais vu d’Occidentaux. Là, je regarde autour de moi, et non, y a pas de doute, là on est vraiment au cœur du pays. Y a rien du tout à part ces gens qui vivent par terre dans des cabanes en boue, et qui stockent du maïs pour l’hiver.



On se fait un peu dévisager, du coup, c’est bien, ça nous met au même niveau : tout le monde est gêné, tout le monde est curieux, et veut être agréable à l’autre, et fait de son mieux pour ça. Sans un seul mot de langue commune. Mais les expressions du visage en disent parfois bien plus long.
Le truc qui marche dans tous les pays du monde pour faire le lien : l’apéro ! Voilà-t-y pas que les petits vieux dégainent la bouteille d’alcool de riz !!! On est invité à s’asseoir par terre avec eux (j’aurais jamais oser mais S. a envie d’aller jusqu’au bout du truc, on le sent bien), et on trinque. Plein de sourires, c’est un moment qui me marque vraiment. Ils n’ont rien, et offrent le peu qu’ils ont.



Ensuite, ils nous montrent l’intérieur de leur maison. On ne peut plus sommaire. Et on nous ressert à boire ! Cette fois du thé.
Il y a un jeune ado, dans cette cabane, qui a l’air super ému. Il explique au guide que c’est la première fois qu’il voit des blancs, et qu’il aurait tant de choses à nous dire, mais qu’il ne sait pas parler notre langue- Alors le guide aide à traduire : « je sais que nos pays ont été en guerre il y longtemps, et qu’aujourd’hui encore il y a la guerre ailleurs. Mai c’est pas comme ça qu’il faut faire. Partout où on va, on devrait se serrer la main, et dire « ok ! ok ! » Il se lève, et nous serre la main. Si, en fait il connaît un mot de notre langue_ « ok ! »
Et en moi, ça s’écroule comme un château de cartes…..



Tu veux dire quoi après çà ? C’est pas du M6, c’est pas les romans. C’est du brut de fonderie, c’est 100% sincère. Il a tout compris le mec, et il a pas eu besoin d’aller à l’école pour ça. Il vous sort ça du fond de sa cabane.
Pendant ce temps, on continue à nous regarder : paraît qu’on a des cheveux différents, et aussi un nez, et un corps différents. Alors ça, merci, j’avais remarqué, je savais bien que …. mon thorax était regardé avec un peu d’insistance... Heureusement qu’ils parlent un peu le Vietnamien, comme ça Binh peut faire l’intermédiaire. Il est vraiment chou ce garçon, et il a la capacité à mettre les gens ensemble, c’est pas donné à tout le monde, surtout à 24 ans !




Mais en ce moment, il nage dans le bonheur : il sort quasiment avecl a fille qui lui plait, c’est une guide qui nous suit de peu avec un autre couple. On a vu tout de suite qu’ils se regardaient bizarrement, d’abord il a nié, et au fil de la journée, on l’a tellement charié qu’il est passé aux aveux.

Non mais qu’est ce qu’il s’imagine ! ça marche pareil en Europe !!


Ensuite on a continué un bout en barque sur une rivière, avant de reprendre le bus vers le Lodge.

C’est vraiment l’une des plus jolies journées du voyage, malgré les plusieurs heures de transport. Mais l’ailleurs, il faut bien aller le chercher !
J’ai la tête pleine de belles choses. Si je devais tout raconter j’en aurais pour la nuit.

vendredi 13 novembre 2009

Vendredi 13

J'adore ce jour :) Le vendredi 13. ça me porte bonheur.


En fait là, c'est en direct. Suis sans un Irish pub, je sais, c'est pas typique,  mais depuis la rue on entendait de la bonne musique, et y avait Wifi, alors nous voilà.
Comme ça je peux donner des nouvelles sur mon blog, et en plus, je peux choisir moi même la musique que le bel Irlandais complètement bourré passe dans SON bar. Oui oui, son var, il s'est bien débrouillé le mec.
Alors moi j'ai choisi " Kings of Leon, the bucket "


A nos pieds, un petit autel, encens, bougies, et..... canettes de bière pour Buddah.
Ambiance.
Dans quelques heures on prend un train de nuit pour Lao Cai, dans le Nord, à la montagne, à la frontière chinoise. Yes.
Je ne promets pas de pouvoir publier de là-haut ...


A bientôt