lundi 16 novembre 2009

Le Nord (2) , Dimanche 15 Novembre

C’était encore une journée de malades. On est parti à 9h30, Mister Binh est venu nous chercher au Lodge.
A la sortie du Lodge, on s’est fait littéralement sauter dessus pas une 20aine de petites nanas de la minorité Red Dzao. Comme les autres, petites, charmantes, souriantes, pleines de couleurs, sauf que là : un sens du business que beaucoup de femmes ( et de mecs) de chez nous pourraient leur envier. Elles ont fait preuve d’une détermination contre toute épreuve. Binh nous a bien dit qu’elles allaient nous suivre, mais on ne voyait pas ça comme ça.
En plus, elles parlent couramment l’Anglais !! Elles ont appris des touristes. Comment est-ce possible ??
On commence à marcher, et derrière nous, un essaim de femmes. Qui nous suivent pour nous vendre des produits faits par elles-même (Chanvre déclinée dans toutes les couleurs et tous les accessoires (sacs, foulards, porte monnaie, bijoux, …)
Elles ne vont pas nous lâcher. J’ai jamais vu aussi têtu que moi : elles veulent vendre. On essaie de leur expliquer que non, pas maintenant, ce soir, en rentrant, Binh leur dit dans leur langue, qu’il faut nous laisser, qu’elles sont trop, qu’elles vont nous fâcher, mais non. Elles ont décidé de partir en rando.
Le problème, c’est que moi, là, j’ai un gros coup de cœur pour ces femmes. Je les trouve belles, fortes, sorties de nulle part ! Donc pendant que S. et Binh font leur possible pour qu’elles nous laissent, moi, je me laisse prendre la main, je me laisse toucher les cheveux, je me fonds dans ce groupe. Je suis aux anges, j’ai envie qu’elles restent, et elles ont bien compris. On va faire bloc. Ça va durer des heures avant qu’on leur promette de les retrouver ce soir.
On est parti pour ce fameux trek d’une journée dans les rizières en terrasse, dans la forêt, entre bambous et fougères, etc. Le problème, c’est qu’il fait un temps DE MERDE. On voit à 10m. Il y a un brouillard qui se traîne depuis la veille. On est sensé profiter d’une vue merveilleuse, mais on ne peut que l’imaginer. Binh est trop chou : il est tout déçu pour nous, et il est honnête : y a peu de chances que ça se lève.
C’est pas si grave, on est là pour être ailleurs, et faire quelque chose de plus physique que les autres jours. Mais ce qui est sûr, c’est que l’Ascension du Fansipan ne sera pas possible. Les conditions sont plus que défavorables.
La rando a été ponctuée de visites dans des villages.



J’ai essayé de mettre mon cœur d’artichaut en veille, pour ne pas me laisser submerger par l’émotion. Mais ces gens sont vraiment pauvres. Y a à peine une petite école parfois, avec le minimum dedans.



A midi, on a mangé dans la cour d’une école. C’est dimanche, on aurait pu être seuls, mais au bout d’un petit quart d’heure, des tas de gamins nous ont repérés, et du coup on fera l’attraction de la journée. Ils sont tout de même plus sauvages que d’autres enfants. Eux, il a fallu les apprivoiser, et ils se sont approchés petit à petit. Binh a brisé la glace en partageant son orange. Alors tout le monde se sent mieux, et ils acceptent aussi de nous des sucreries, des fruits, etc. Bon à la base c’était pas prévu de faire un buffet à 12, mais y avait bien assez pour qu’on partage ! Ces gamins sont hyper sâles, c’est terrible. Je ne sais pas d’où sortent leurs habits, mais c’est n’importe quoi : y a un petit garçon, il a un anorak et il sa ballade cul nu !




Enfin, la ballade était belle, par moment ça montait, dur, mais franchement, c’était tout à fait faisable. Après le repas, le brouillard s’est levé, et c’est là qu’on a enfin pu faire quelques photos du paysage.





Ce soir, on est revenu au Lodge, bien crades et tout de même assez crevés, et devinez qui nous attendait : nos copiiiiines ! Toutes contentes de nous retrouver, elles savent que le moment des affaires est arrivé. En plus, on a été honnête : plus tôt S. avait réussi à les faire partir en disant qu’on discuterait ce soir, et nous revoilà.
L‘exercice, face à 20 nanas aussi décidées demande de la stratégie, ce que S. et moi établissons rapidement.
Objectifs :
- rapporter quelques souvenirs,
- faire un peu profiter ces femmes du tourisme, et
- montrer considération, à elles et à leurs produits, c’est à dire,négocier le prix, mais ne pas descendre trop bas, ce serait humiliant pour elles.
- Et enfin, s’amuser !
Stratégie :
- se fixer à l’avance ce que l’on souhaite acheter (on choisit en tout 3 choses),
- de fixer le montant maximum des achats
- s’attribuer les rôles : je choisis les articles, je négocie avec elles, S. valide ou pas. S’il valide, il sort l’argent.
Je vous promets qu’il fallait bien ça. On a passé environ 30 mn avec elles, et franchement c’était ex-cel-lent. Quelle enthousiasme, quel moment de plaisir, quelle vivacité ! Et vous savez quoi ? Ben à aucun moment, la langue ne nous a gênée. C’est bien simple, j’ai eu l’impression de parler français.
Notre stratégie a bien fonctionné, et elles ont bien respecté les règles tacites :
- ne montrez pas à S, vous perdez du temps, c’est moi qui choisi
- si vous demandez trop, il ne sortira pas l’argent
- ne me montrez pas les 10 000 choses que vous avez, je cherche 3 objets bien particuliers, et je suis ferme là dessus.
Je repars avec une photo d’elles, avec mes 3 objets, et surtout, le sentiment d’une transaction commerciale (et amicale) faite dans le respect et le plaisir.



Bon sang, pourquoi tout ne se passe toujours pas aussi bien dans la vie ?

Le Nord, Samedi 14 Novembre

Samedi 14 Novembre.
Donc hier soir c’était notre soirée délire dans ce bar Irlandais du centre de Hanoi. En plus, on a fini par attraper Philippe sur Skype, il était au bureau. Gros délire, on était en complet décalage. Lui, son air bien “Monsieur le commissaire” au bureau, tout mignon,  petit pull, petit col, petites lunettes, derrière le bureau et tout, et nous, allumés dans ce bar à l’autre bout du monde, à la tombée de la nuit (ici il fait nuit à 17h30..), avec un Mango Lassi…C’était vraiment excellent.
On est allé manger, et ensuite, on a pris un taxi super malhonnête qui nous a emmené à la gare de Hanoi. On devait prendre un train de nuit.
Est ce que je raconte? La couchette minuscule? le boucan d’enfer? la salle de bain immonde et sans porte? La lunette des WC brisée en mille morceaux? On a pris ce train par l’agence ET Pumpkins, et j’avais vite compris que la citrouille n’allait pas se transformer en carrosse majestueux passé minuit.Non, allez, on laisse tomber. Le but était de: faire passer plus vite les 8 heures de train, sans flinguer une journée de vacances, économiser une nuit d’hôtel. Alors c’est sûr qu’après la petite croisière sympathique dans une luxueuse jonque, c’est un peu rude, sans transition.
On est arrivé à 5h du mat à Lao Cai (ah ben oui, sinon c’est pas drôle, on allait pas encore faire la grasse mat non?)
En descendant du train, tout courbaturé par la nuit passée, un petit bonhomme de 24 nous attendait : Binh. Evidemment, vous êtes comme moi : vous pensez de suite à Mister Binh. Ben voilà, c’est comme ça qu’on va l’appeler pendant 3 jours.
Mister Binh pourrait avoir l’impression de faire partie d’un programme de luxe, mais c’est bien la seule façon de visiter la région. Rien que pour le transport, puisqu’on ne peut toujours pas conduire, et que la route, c’est des fois comme Indianna Johnes.
Donc le seul moyen, c’est le guide. Mais on a pris du sérieux. Genre, bien local, et privé. Histoire d’être sûr de ne pas tomber avec un groupe d’Allemands du troisième âge. Et histoire d’aller un peu hors des sentiers battus.
On est bien au Nord, et le Nord ici c’est comme chez nous : météo pourrie et gens chaleureux ! (Il doit faire 13 environ, et c’est tout brumeux). Mais le guide local, ça facilite drôlement la relation.
Binh a étudié 3 ans pour faire ce métier : un an l’histoire de son pays, un an l’anglais, et un an « comment être un bon guide » : Il est chou comme tout. Aussi curieux de nous que nous de lui.
On a pris un minibus pour aller dans un grand marché de la région : d’abord un premier arrêt : le poste de la frontière chinoise. On est vraiment à 2 minutes à pieds de la Chine, là, à bout de bras, juste de l’autre côté de la rivière. C’est l’heure de pointe : les gens vont d’un pays à l’autre dans les 2 sens pour aller vendre chez le voisin.


Ensuite le marché promis : Can Cau. Une merveille. Essentiellement le peuple des Flower Mhongs. Hyper colorés, hyper souriants.
On a mangé des galettes de riz frit à tomber par terre, et de la canne à sucre. On a flâné un peu, et surtout, on a fait des photos magnifiques (enfin, S. Moi je les exploite juste pour mon blog, sans droit d’auteur).
On y trouve de la soie, de la laine, de la nourriture, et du bétail.















Ce qui me frappe aussi, c’est toutes ces femmes au boulot. Elles ont une vie super dures. On les voit sur tous les fronts : sur les chantiers, avec la pelle (on a déjà vu ça chez nous ??), au marché pour vendre, avec des gamins de partout (en moyenne 3), elles s’occupent aussi des animaux, de la maison, bref, elles font tout.
Quand on demande ce que font les mecs, pendant ce temps, ben ils boivent….
Ensuite on a repris le bus et on est allé marcher vers un village local. On a été hyper bien accueilli, dès l’entrée du village :





Aussi par une autre maison plus loin : une famille de 12 personnes, et certains n’avaient jamais vu d’Occidentaux. Là, je regarde autour de moi, et non, y a pas de doute, là on est vraiment au cœur du pays. Y a rien du tout à part ces gens qui vivent par terre dans des cabanes en boue, et qui stockent du maïs pour l’hiver.



On se fait un peu dévisager, du coup, c’est bien, ça nous met au même niveau : tout le monde est gêné, tout le monde est curieux, et veut être agréable à l’autre, et fait de son mieux pour ça. Sans un seul mot de langue commune. Mais les expressions du visage en disent parfois bien plus long.
Le truc qui marche dans tous les pays du monde pour faire le lien : l’apéro ! Voilà-t-y pas que les petits vieux dégainent la bouteille d’alcool de riz !!! On est invité à s’asseoir par terre avec eux (j’aurais jamais oser mais S. a envie d’aller jusqu’au bout du truc, on le sent bien), et on trinque. Plein de sourires, c’est un moment qui me marque vraiment. Ils n’ont rien, et offrent le peu qu’ils ont.



Ensuite, ils nous montrent l’intérieur de leur maison. On ne peut plus sommaire. Et on nous ressert à boire ! Cette fois du thé.
Il y a un jeune ado, dans cette cabane, qui a l’air super ému. Il explique au guide que c’est la première fois qu’il voit des blancs, et qu’il aurait tant de choses à nous dire, mais qu’il ne sait pas parler notre langue- Alors le guide aide à traduire : « je sais que nos pays ont été en guerre il y longtemps, et qu’aujourd’hui encore il y a la guerre ailleurs. Mai c’est pas comme ça qu’il faut faire. Partout où on va, on devrait se serrer la main, et dire « ok ! ok ! » Il se lève, et nous serre la main. Si, en fait il connaît un mot de notre langue_ « ok ! »
Et en moi, ça s’écroule comme un château de cartes…..



Tu veux dire quoi après çà ? C’est pas du M6, c’est pas les romans. C’est du brut de fonderie, c’est 100% sincère. Il a tout compris le mec, et il a pas eu besoin d’aller à l’école pour ça. Il vous sort ça du fond de sa cabane.
Pendant ce temps, on continue à nous regarder : paraît qu’on a des cheveux différents, et aussi un nez, et un corps différents. Alors ça, merci, j’avais remarqué, je savais bien que …. mon thorax était regardé avec un peu d’insistance... Heureusement qu’ils parlent un peu le Vietnamien, comme ça Binh peut faire l’intermédiaire. Il est vraiment chou ce garçon, et il a la capacité à mettre les gens ensemble, c’est pas donné à tout le monde, surtout à 24 ans !




Mais en ce moment, il nage dans le bonheur : il sort quasiment avecl a fille qui lui plait, c’est une guide qui nous suit de peu avec un autre couple. On a vu tout de suite qu’ils se regardaient bizarrement, d’abord il a nié, et au fil de la journée, on l’a tellement charié qu’il est passé aux aveux.

Non mais qu’est ce qu’il s’imagine ! ça marche pareil en Europe !!


Ensuite on a continué un bout en barque sur une rivière, avant de reprendre le bus vers le Lodge.

C’est vraiment l’une des plus jolies journées du voyage, malgré les plusieurs heures de transport. Mais l’ailleurs, il faut bien aller le chercher !
J’ai la tête pleine de belles choses. Si je devais tout raconter j’en aurais pour la nuit.

vendredi 13 novembre 2009

Vendredi 13

J'adore ce jour :) Le vendredi 13. ça me porte bonheur.


En fait là, c'est en direct. Suis sans un Irish pub, je sais, c'est pas typique,  mais depuis la rue on entendait de la bonne musique, et y avait Wifi, alors nous voilà.
Comme ça je peux donner des nouvelles sur mon blog, et en plus, je peux choisir moi même la musique que le bel Irlandais complètement bourré passe dans SON bar. Oui oui, son var, il s'est bien débrouillé le mec.
Alors moi j'ai choisi " Kings of Leon, the bucket "


A nos pieds, un petit autel, encens, bougies, et..... canettes de bière pour Buddah.
Ambiance.
Dans quelques heures on prend un train de nuit pour Lao Cai, dans le Nord, à la montagne, à la frontière chinoise. Yes.
Je ne promets pas de pouvoir publier de là-haut ...


A bientôt

La Baie d'Along (2) - Jeudi 12 Novembre



Hier soir j’ai été malade comme un chien. Je me suis vue rentrer à Neuchâtel en hélico (disons que dans ces moments-là, j’aime bien aller au fond du délire). C’est pas que je voulais encore faire mon intéressante, mais je crois qu’il y a un truc que je n’avais pas digéré, alors que le repas m’avait semblé parfait. Bref, je vous passe les détails, (mais en même temps, dans un carnet de voyage, on met aussi des détails !). Heureusement qu’on avait quelques médicaments, ça m’a permis de faire un cocktail contre les vomissements et la fièvre. Je grelottais, c’était horrible. J’ai fini par m’endormir vers minuit, épuisée par les spasmes. Je pense que S. s’ennuierait sans moi J En plus je savais que le lendemain y avait kayak, et ça me semblait tellement pas possible sur le moment….


Finalement ce matin je me suis réveillée la tête dans un étau, mais bien mieux que la veille au soir.
J’y suis allée molo, j’ai choisi précautionneusement ce que j’ai mangé, et j’ai vraiment peu mangé, de peur de ne rien garder de nouveau.
On a été transférés sur un bateau plus petit pour passer la journée. On a navigué entre les ilets, c’était trop magnifique.
Ensuite on a fait du kayak. Là, on est vraiment au ras de l’eau alors les montagnes ont l’air encore plus hautes, et on se sent vraiment comme rien du tout dans ce paysage.



Flash info…………
Alors que j’écrivais ces lignes, le vent s’est levé tout à coup, mais vraiment tout à coup, et a tout balayé : la table, les cocktails, les livres, l’appareil photo, le parasol, et….S. Sans déconner, il vient de nous faire un coup de Mary Poppins !! Il a cru bon de se tenir au parasol, mais le parasol a tout de même continué son chemin jusque vers le sol. En accompagnant S. Vers le sol, donc. Mais toujours dans son fauteuil. Donc S. est assis mais à l’horizontale, son parasol dans la main. L’Australien de 2 m qui était assis à côté de nous vole à notre secours, ce que j’apprécie beaucoup. On lui est sympatique car cet AM on a partagé une chaise longue pour que lui et sa jeune épouse de 5 jours en ait une aussi. C’est beau la solidarité. Bref, on est maintenant à l’intérieur, les Picatchou réparent les dégâts dehors : les verres se sont cassés.
……………..


Bref avant ça, j’en étais à raconter combien c’est joli. On a pu continuer à kayak vers le village de pêcheurs. On a pu approcher de près, c’est difficile de savoir si on est les bienvenus, ou si on est des voyeurs. Certains font des signes de la main, d’autres nous ignorent. De près, ils n’ont pas l’air malheureux. C’est pas parce qu’ils ont moins de choses qu’ils sont moins heureux. Y a quand même des petits bouts de chou que je mettrais bien dans la barque pour les ramener chez nous. Mais est ce qu’ils se plairaient ? Pas sûr.









La Baie d'Along

Mais naaaaaaan, chuis pas encore morte! J'avais juste pas internet :)


Récit du Mercredi 11 Novembre.
On a pris le bus ce matin de Hanoi pour rouler vers la Baie d’Along. Il a fallu près de 4 heures, mais comme on a beaucoup dormi, c’est passé vite.
Le reste du temps, on a regardé le paysage. C’est quand même la meilleure façon de découvrir le pays : traverser des villages et des villages, loin des grandes villes. Ben c’est pauvre. C’est le bordel, y en a de partout, on ne comprend rien. De ce qui est en travaux, de ce qui se construit, s’est démoli, est à l’abandon. Y a des gravats partout. Les façades ont au maximum 3 m de large, car la taxe foncière est proportionnelle à la largeur de celle-ci. Par contre, ça monte sur minimum 3 étages. Et toutes les maisons sont collées les unes aux autres. Devant, y a souvent un petit commerce: coiffeur, vente de pneus, vente de jouets en plastique, espèce de restaurant, … Faut bien vivre.
On est ensuite arrivé sur la jonque que S. avait réservée. Je crois qu’on peut déduire que c’est la surprise du voyage. C’est absolument indécent de beauté. Un vieux bateau en bois exotique, un personnel aux petits soins, une cabine avec SDB privée, allez je mets quelques photos.




On a refusé de me dire le prix, mais y parait que c’est dans nos moyens (enfin, dans les siens).
Moi j’ai la banane. C’est trop beau!







On part, on arrive au milieu de ces eaux, avec au milieu des centaines de blocs de pierre qui s’érigent. Il paraît qu’il y a 3 000 ilets. C’est magnifique.
A peine le temps de regarder le paysage, on nous sert le repas, fine cuisine, mais y a trop J
Ensuite, on navigue un peu jusqu’à l’entrée de la Surprise Cave. Sympa la grotte, mais beaucoup trop de monde !!!! C’est ça le problème. On ne peut pas se ballader tranquillement dans une super jonque en plein milieu d’un site classé patrimoine mondial de l’Unesco, et prétendre être les seuls à avoir eu cette idée. C’est comme si je voulais être seule sous la Tour Eiffel. Pas possible. Alors il faut composer avec. J’essaie de fermer mes oreilles pour ne pas entendre les autre langues (genre, l’Allemand…) et j’ouvre mes yeux. Bon, faut dire, c’est une jolie grotte, immense. Mais j’ai du mal à me laisser émouvoir car il y a vraiment trop de monde. Le guide nous montre quelques formes dans les stalagmites et tites : Ho Chi Minh (décidément, c’est une obsession), un phallus (les petites vieilles sont mortes de rire), un dragon, un Boudah… Comme dit S. c’est vrai que si moi aussi on me laisse des heures enfermée dans cette grotte, je trouve aussi des tas d’interprétations possibles à toutes ces formes.









Ensuite on repart. On remonte sur le grand bateau de 3 étages, et on arrive à s’isoler du monde en allant tout en haut. On est seuls, sur le pont, au milieu de cet endroit magnifique, et le soleil se couche, Si si, comme dans les films. Mais en vrai.







Ensuite, on part dans des petites barques voir un village de pêcheurs. C’est un village flottant, environ 800 habitants (Cua Van). Ça m’a retourné les tripes. Ils n’ont vraiment pas grand chose, à part leurs petites habitations flottantes, une école et un café flottant. Ils vivent de la pêche et des ventes qu’ils font aux touristes qui comme nous, viennent les visiter. Ils nous approchent avec des canots, et nous proposent du Coca, des coquillages n’importe quoi…
C’est rude, je suis au bord des larmes. C’est pas juste. J’assume un peu moins bien le super bateau.







On aperçoit quelques chiens, mais le guide est très clair : «  c’est juste pour la viande, c’est pas un animal de compagnie ici ». D’accord. Je me demande si le chien a compris qu’il finira en kebab.


Retour au bateau, on va souper.

mardi 10 novembre 2009

Hanoi - Mardi 10 novembre


Dernière journée à Hanoi : sous l’angle culturel cette fois. On a commencé par le Mausolée d’Ho Chi Minh. Bienvenue chez les Communistes.


On nous a mis en file, 2 par 2. On était hyper encadrés par des Soldats de la Garde d’honneur. Ne pas sourire, ne pas parler, ne pas mettre les main dans les poches, ne pas prendre de photos, pas de sac à dos… Parce que dans une énorme masse de béton, dans une minuscule petite salle sombre et remplie de gardes, repose la dépouille du héro de l’Indépendance du Vietnam. Tous les ans, il repart en Russie 3 mois pour se refaire une beauté. Là, par chance, il vient juste de revenir. Il est comme vivant, on dirait qu’il dort. Ca fait trop bizarre. Brrrr, contente de sortir (et de pouvoir parler, sourire, mettre les mains dans les poches, etc).
Ensuite, direction le Temple de la littérature, la première université du pays. Un endroit paisible et chargé d’histoire. On a bien traîné. Des écoles viennent aussi visiter, en habit traditionnel.
D’ailleurs, en écoutant d’une oreille indiscrète un autre guide, on a mieux compris cette tenue : la tunique sert à cacher toutes es parties du corps. On porte cela sur un pantalon.
Juste au-dessus de la taille, une ouverture qui laisse apparaître la peau : le triangle d’or. Trop la classe.








Enfin, on a terminé par le musée d’Ethnographie. Fabuleux musée qui explique l’origine et les coutumes des 54 minorités du Vietnam.


Sauf que…. C’est à ce moment là que j’ai choisi de m’évanouir. La honte, On écoutait attentivement les commentaires de notre guide française, rien que pour nous deux, et j’ai senti que je partais….
Il a fallu m’allonger les jambes en hauteur. La honte. S. adore ce genre de scène. Cà arrive de temps en temps. Une fois, c’était même en avion : Les hôtesses m’ont trainée au fond de l’avion, tout le monde m’a vue passer. La méga honte.
La guide est restée calme, et pudique, elle est allée me chercher des petits cakes au haricots rouges, une bombe calorique. J’ai tenté plusieurs fois de me relever, mais à chaque fois ça recommençait. Un mélange de plusieurs choses je pense : une chaleur à mourir, debout toute la journée à crapahuter, je ne me sentais pas en super forme ce matin, et surtout… ben je ne mange toujours pas grand chose. Du coup, ce soir faut vraiment que je me gave, sinon je ne vais pas pouvoir assurer pour la suite du voyage, et les randos c’est pour bientôt.
Là on est rentré, je sens que j’ai de la fièvre alors je continue à me gaver de Dolospedifen. Soyons pragmatiques : si je dois être malade, c’est maintenant. Car on va partir pour le Baie d’Along. Ensuite en fin de semaine, c’est les treks dans le nord. Il me reste moins d’une semaine pour être en forme. Ne pas s’écouter.

Hanoi - Lundi 9 Novembre


Bulletin santé : me sens bizarre. Le contact de mes habits sur moi m’est désagréable. J’ai mal au bas du dos. Genre… un début de grippe ? Pas de panique, j’ai sans doute pris froid dans l’avion, c’est juste que j’ai pas envie de faire de la fièvre, avec les journées qu’on a. je vois pas bien comment je trouverais le temps d’être malade. Je vais essayer de ne pas y penser, et on verra ce que ça donne.
Hier on a marché pendant des heures dans la ville, d’autres parties, d’autres marchés, d’autres images à saisir. C ‘est encore plus joli que le veille, et on commencer à être habitués au rythme infernal.
On a visité un marché, mais pas alimentaire : une sorte de marché couvert avec des tas de conneries dedans. Sur 3 étages ! Je me sentais un peu mal à l’aise, les gens nous ont vraiment dévisagés. Pas l’habitude de voir des touristes dans ce genre d’endroits, c’est trop local. C’est pourtant là qu’on capte le mieux les modes de vie des gens. S. a fait des photos en cachette pour ne pas se faire encore plus remarquer.
Les effets secondaires du décalage se font ressentir : j’ai aucun appétit. J’ai beau me coller l’assiette devant, y a rien qui ne me fait envie, à part les smoothies à la mangue. Par contre, S. fait honneur à la cuisine.
Y a un mec qui a approché S. hier, alors que j’étais à côté : «  do you need a girl ? » !!!!!!! Je ne sais pas ce qui était le plus contrariant : la question de ce mec, moi à côté, ou la réponse de S : «  I already have one ». Une quoi ?! Bon c’est comme ça, je ne vais pas me fâcher, ça fait partie des coutumes locales, dirons-nous.
Hier soir on est allé voir un spectacle de marionnettes sur l’eau, un must de la ville. C’était assez dépaysant. J’ai rien compris à l’histoire, mais faut reconnaître que c’était bien fait, avec un petit orchestre qui faisait la bande son. C’était super kitch, presque autant que la Danse de la Rivière à Kyoto avec les Geishas.
J’arrête de parler et je mets quelques photos de la journée.